René Pache (1904-1979) a été de nombreuses années directeur de l’Institut Biblique et Missionnaire Emmaüs. Il a rédigé au moins une douzaine de livres, principalement des notes d’étude biblique et des ouvrages de doctrine.

Vous trouverez la plupart de ses ouvrages numérisés sur https://mediathequechretienne.fr/

Introduction : Il est banal de dire que le monde entier est en mouvement, et tout particulièrement le monde religieux. Pourtant, il est difficile au grand public d’évaluer la portée et la rapidité de l’évolution de la théologie des maîtres à penser de notre génération. C’est pour­ quoi il nous a paru nécessaire de dresser une sorte de bilan des opinions et des faits les plus déterminants dans ce domaine, en nous basant essentiellement sur des citations et des sources faciles à contrôler.

LE CHAOS THEOLOGIQUE :

1. Le pasteur Marc Boegner, ancien président du Conseil Œcuménique des Eglises (C.O.E.) répond ainsi à la question : « Que pensez-vous de la « nouvelle théologie ?"  « J’ai été très frappé de voir avec quelle rapidité beaucoup de pasteurs de l' Eglise Réformée (de France) semblent — je dis bien semblent — avoir tourné le dos à Karl Barth qui m’apparaissait com­me leur directeur intellectuel, spirituel, ou en tout cas théologique, pour se lancer dans cette « nouvelle théologie »... Je suis très effrayéde voir les conséquences de l’exégèse bultmannienne du point de vue dogmatique, quand je vois la manière dont les Eglises catholique et protestantes des Etats-Unis, les Eglises des Pays-Bas et d’autres pays, sans parler des Eglises de France, par l’application de la nouvelle méthode de « démythisation » ont abouti, il faut le dire, à une sorte de néant, les grands faits chrétiens s’évanouissant sous vos yeux, les grandes traditions sur lesquelles nous avons vécu depuis dix-neuf siècles étant projetées en l’air, la transcendance de Dieu devenant un conte à dormir debout. » Ces théologies dites nouvelles « menacent gravement le mouvement œcuménique... S’il n’y a plus de trinité, commentxpeut- on se fonder sur cette base trinitaire (du C.O.E.) ? S’il n’y a plus de transcendance, comment peut-on faire allusion à la révélation de Dieu dans l Ecriture Sainte ? Il y a là, j’estime, des problèmes d’une gravité exceptionnelle. » « La Vie Protestante » - 15 Mars 1968.

Une fois n'est pas coutume nous citons la conclusion de René Pache : "Arrivés au terme de notre enquête, nous constatons deux cho­ses : Premièrement, que la confusion théologique, l’abandon de la foi et même l’apostasie finale, sont clairement annoncés par l’Ecriture.

« L’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques uns abandonneront la foi... » (1 Tim. 4.1). « Il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agré­ ables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables » (2 Tim. 4, 3-4) (Voir encore Act. 20.30 ; Luc 18.8 ; Mat. 24.12, etc.). Nous ne devons donc pas être désespérés ni surpris par le désarroi actuel.

D’autre part, le Christ affirme solennellement qu’il bâtira son Eglise, et que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. En réalité, les hommes n’ont pas de puissance contre la vérité (2 Cor. 13.8) et cette vérité, c’est le Seigneur Lui-même, sa Parole, que nous révélera le Saint-Esprit jusqu’au bout. Notre désir et celui d’une multitude de croyants de tous les milieux, est de bril­ler comme des flambeaux dans le monde, portant la Parole de vie. Nous ne voulons donc pas cesser de « combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3).

C’est une tâche difficile que de pouvoir, avec humilité et fer­meté, professer la vérité dans la charité. Que Dieu nous attache ainsi « à la vraie parole telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capables d’enseigner selon la saine doctrine et de réfuter les con­tradicteurs » (Tite 1.9).

Enfin, n’oublions pas que nous ne sommes pas les seuls témoins nde l’Evangile dans le monde. Le Seigneur connaît ceux qui Lui ap­partiennent, et aujourd’hui comme aux temps d’Elie et de Paul, Il s’est « réservé sept mille hommes » et plus, qui ne l’ont point aban­donné (Rom. 11, 4). Demandons-Lui de nous unir à eux et de nous visiter tous par une effusion puissante de son Esprit.           René PACHE.


Ces livres pourraient vous intéresser